Bilan lectures mois de Juin

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Comme j’étais pas très motivée pour faire des articles sur mes dernières lectures, je me suis dit pourquoi pas en parler plus librement sous forme de bilan. Et puis ce mois de juin m’a vue battre un peu la campagne niveau lecture alors cette forme un peu « paresseuse » lui conviendra amplement !

C’est donc un petit bilan que je réalise :

4 lectures :

2 recueils

1 roman

1 roman graphique.

Pour les recueils, il y a eu tout d’abord Minuit 4 de Stephen King. Ce tome, constitué de deux novella (mini-romans) que sont Le Policier des bibliothèques et Le Molosse surgi du Soleil est le pendant de Minuit 2 qui regroupe Les Langoliers et Vue imprenable sur jardin secret (que je n’ai pas encore lus). Ces quatre histoires peuvent se lire indépendamment les unes des autres, leur action se déroulant le plus généralement la nuit, aux alentours de minuit (d’où le titre !), moment fatidique pour les aventures horrifiques.

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Des deux histoires j’ai préféré Le Policier des bibliothèques que j’ai trouvée plus rythmée et donc plus prenante. Ce Monsieur-tout-le-monde qui oublie de rendre à temps ses livres à la bibliothèque (pour laquelle il ressent déjà une grosse aversion que l’on nous expliquera plus tard) est un personnage qui se révèle beaucoup plus intéressant qu’il n’y parait aux premiers abords. Tout comme la petite ville provinciale dans laquelle il vit, qui révèle détenir de sombres secrets – thématique récurrente chez Stephen King. D’une créature effrayante, ce fameux biblio-flic, l’auteur va tisser une analyse fine des traumatismes refoulés, de la puissance de la mémoire, de la force de la rédemption et du pardon à soi-même. J’ai retrouvé également un monstre-entité aussi charismatique que celui de sa trilogie Ça, monstre se nourrissant et dévorant l’innocence et la jeunesse d’une ville qu’il garde sous contrôle par sa noirceur hypnotique.

Pour Le Molosse surgi du soleil, le résumé était plus que prometteur : un jeune garçon qui se voit offrir pour son anniversaire un appareil photo polaroïd … détraqué ! Il ne sait en effet prendre qu’une seule photo : celle d’une maison devant laquelle un chien monstrueux et enragé est attaché à la barrière. Et plus le garçon prend de photos, plus le chien semble se rapprocher. Mais d’où vient ce chien ? Et surtout peut-on l’empêcher de venir dans notre monde ?

Ce postulat de départ rappelant les meilleurs Chair de Poule avait tout pour me séduire et pourtant… quelles longueurs… ! Je me suis profondément ennuyée il faut le dire et je pense très sincèrement que l’auteur aurait pu nous épargner pas moins de 200 pages qui ne servent absolument pas l’intrigue. Ces 200 pages qui sont axées sur le personnage du brocanteur-arnaqueur-loufoque de Pop Merill servent en effet une autre cause : nous en apprendre plus sur cet homme qui est rattaché au roman Bazaar et permet à l’auteur de boucler son cycle d’histoires concernant la ville de Castle Rock.  Mais pour moi la sauce n’a tout simplement pas pris…

Toutefois, ces deux histoires m’ont permis de me replonger dans l’univers de Stephen King que je n’avais pas visité depuis quelques temps et je dois avouer qu’ennui ou non j’ai tout de même englouti ce livre !

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Ma deuxième lecture du mois de juin a été le petit recueil La Tombe des lucioles d’Akiyuki Nosaka comprenant également la nouvelle Les Algues d’Amérique aux éditions Picquier poche. La première nouvelle, très célèbre notamment grâce à sa superbe adaptation manga d’Isao Takahata, traite de deux orphelins voués à eux-mêmes, perdus dans le néant de la Seconde Guerre Mondiale au Japon. Cette histoire est difficile car elle confronte l’innocence de l’enfance à la stupidité de la guerre et la cupidité des hommes. Le style de Nosaka est assez cru et permet d’appréhender le traumatisme de cette génération d’artistes japonais qui ont essayé de créer après la Bombe.

Mais c’est cependant la seconde nouvelle qui recueille mes suffrages. Les Algues d’Amérique joue sur le registre de l’ironie et de l’humour noir pour traiter des rapports entretenus entre Japonais et Américains après la Seconde Guerre Mondiale. Reposant sur le malentendu, la différence de cultures et la barrière des langues, cette nouvelle suit un personnage : un homme Japonais d’une quarantaine d’années dont la femme invite un couple d’Américains rencontrés lors d’un voyage chez eux. La présence des Américains va raviver des souvenirs difficiles chez le protagoniste qui s’infligera la lourde tâche de prouver aux « étrangers » la grandeur et l’honneur du Japon. La décadence, l’oppression, la soumission, la prostitution sont autant de sujets abordés dans cette courte nouvelle qui m’a un peu retournée…

 

Troisième lecture (pas plus légère) : Les Putes voilées n’iront jamais au Paradis ! de Chahdortt Djavann.

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Dans ce roman, on va suivre le parcours de deux jeunes filles iraniennes dont la beauté les condamne très tôt à une vie de calvaire. Leur histoire est entrecoupée de récits de prostituées assassinées, lapidées ou pendues à qui l’autrice redonne la parole le temps d’un chapitre pour narrer leur existence et ainsi fournir aux lecteurs une multitude de points de vues sur la condition féminine en Iran. Le roman prend par moments des allures d’enquête ou de documentaire tout en restant profondément ancré dans la fiction.

C’est ce qui rend cette lecture terrible car la fiction permet de nous plonger dans le quotidien atroce de ses femmes bafouées, dépossédées de leurs droits et de leur corps, sans ce détachement que peut provoquer certains reportages qui traitent de faits réels qui nous semblent pourtant si lointains. Parce que c’est une oeuvre de fiction, l’autrice peut également tout s’autoriser, sans se censurer. Même une certaine forme d’espoir.

J’ai été submergée par cette lecture : j’ai ressenti de nombreuses fois de la nausée et de la colère pour ce que subissent ces femmes qui se battent au quotidien dans un pays où leur sexe les maudit dès la naissance. Mais ce que j’ai le plus aimé dans ce livre c’est cette volonté de Chahdortt Djavann de ne pas montrer ces femmes comme des victimes mais bien comme des battantes engagées dans la lutte pour la reconquête de leur corps et de leur féminité tout en dénonçant l’absurdité des lois et l’hypocrisie de la religion. Un seul petit bémol, l’autrice n’aborde pas le sujet de l’homosexualité féminine qui aurait apporter une autre voix tout aussi intéressante au chœur des héroïnes.

C’est en tout cas, c’est ma lecture coup de cœur de Juin !

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Enfin je finis avec le roman graphique : L’Épouvantable encyclopédie des fantômes de Carine-M, Pierre Dubois et Elian Black’Mor, parue aux éditions Glénat Bd.

Celui-là ça faisait une éternité qu’il traînait dans ma PAL ! Et comme j’avais envie de fantastique j’ai commencé par grignoter deux trois pages et puis en fait je me suis complètement plongée dedans.

Je qualifie ce livre de roman graphique car ce n’est pas tout à fait, à mon sens, une encyclopédie du moins pas comme l’on pourrait le concevoir. Ici, les fantômes sont répertoriés de façon un peu anarchique sous la plume érudite et capricieuse de Pierre Dubois. A l’aide de grandes catégories telles que « Membres égarés », « Enfance et Petites Ombres » ou encore « Le Saisonnier des fantômes », l’auteur dresse une sorte de mythologie personnelle des fantômes, piochée dans différents contes et légendes essentiellement français (dont beaucoup en provenance de Bretagne), anglais et irlandais. Si le style m’a quelque peu interrogée au début, les mots de Dubois, tissés tels de la dentelle mortuaire, sont envoûtants, les illustrations et la mise en page de Carine-M et Elian Black’Mor en subjuguant merveilleusement la prose. Encyclopédie non exhaustive donc mais bourrée d’humour et de beauté qui m’a ravie de bout en bout. Pour tout amateur de fantastique c’est pour moi un must have (◍•ᴗ•◍) ! Et en plus la fine équipe a signé un deuxième volume : L’Effroyable encyclopédie des revenants (me le procurer je dois !).

Je vous mets en cadeau un petit aperçu de la beauté du spécimen :

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Mon bilan est maintenant terminé. J’espère que vous aurez pu y glaner des idées lectures intéressantes et que ce petit-nouveau format vous a plu !

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