La Saga de La Passe-Miroir de Christelle Dabos

20180201_182659

Fin décembre, j’ai eu le plaisir immeeeeeeense de découvrir un univers magique, haletant et trépidant aux côtés d’un personnage attachant, j’ai nommé  la saga de La Passe-Miroir de Christelle Dabos.

J’avais sélectionné le tome 1 Les Fiancés de l’hiver pour le #coldwinterchallenge parce qu’il collait parfaitement à la thématique ‘Flocon de neige’. A force de le voir partout (Bookstagram, Booktube, Blogosphère, librairies, etc.), je m’étais fait une raison et l’avais acquis cet été en attendant le moment « propice » pour le lire. L’hiver et ce challenge étaient les conditions réunies pour une lecture enchanteresse.  Et puis, pour ma défense (si de défense il y a besoin !) : je n’en entendais que du bien et cette couverture de Laurent Gapaillard est juste à tomber !

La couverture de Laurent Gapaillard, une merveille !

J’avais survolé les différents avis sur lesquels j’étais tombée ainsi que le résumé pour ne pas me gâcher la surprise et me suis donc embarquée dans cette aventure un peu à l’aveuglette. Et j’ai été happée complètement par ce livre… Je l’ai englouti en quelques jours malgré ces 530 pages que je n’ai absolument pas vu passer. Et comme cela me l’a rarement fait pour un livre (dernier en date : La Belle Sauvage sur lequel je me suis précipitée le jour de sortie !) je me suis empressée d’aller me procurer le tome 2 Les Disparus du Clairdelune le jour même où j’ai fini le tome 1, ayant bravé pour cela la foule du 24 décembre (et pourtant je peux vous dire que la foule et moi ça fait deux…!). C’est vous dire à quel point ce livre m’a rendu accro !!!

Résumé

Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers, elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l’arche d’Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel. Une héroïne inoubliable, un univers riche et foisonnant, une intrigue implacable. Découvrez le premier livre d’une grande saga fantastique et le talent d’un nouvel auteur à l’imaginaire saisissant.

Alors bon, on va pas y aller par quatre chemins : je n’ai trouvé quasiment que des qualités à cette lecture. En quelques pages seulement, Christelle Dabos élabore un univers riche et complexe qui certes peut faire penser, de premier abord, à ceux de grandes sagas comme Harry Potter de J.K.Rowling ou A la croisée des mondes de Philip Pullman. Mais la comparaison s’arrête là tant la créativité de l’autrice est personnelle et teintée de références qu’il serait plutôt bon de rechercher du côté du cinéma d’animation et en particulier celui de Hayao Miyazaki. En effet, Ophélie est une héroïne forte et fragile à la fois qui est un savant mélange de Sophie du Château Ambulant mais aussi de Princesse Mononoke ou encore de Chihiro du Voyage de Chihiro. De plus, l’univers magique que l’autrice déploie m’a vraiment fait penser à la fantaisie du célèbre cinéaste, notamment l’arrivée d’Ophélie à la Citacielle et son apprentissage des codes de cette société si particulière m’a indéniablement rappelé les premiers travaux que Chihiro réalise à l’établissement des Bains de Yubaba et les difficultés qu’elle y rencontre.

La plume de Christelle Dabos est également exquise, fine et concise et toute imprégnée de poésie. Car oui au-delà du concept de base qui est accrocheur, Christelle Dabos écrit véritablement bien ! Je ne compte pas le nombre de fois où j’ai relu à plusieurs reprises une phrase pour en savourer l’élégance de la tournure. De plus, Dabos manie le rythme de son récit avec brio, alternant des passages de découverte (tant pour le lecteur que pour l’héroïne) au rythme un peu plus lent et où l’on prend le temps de se familiariser avec ce monde que l’on explore et des passages au rythme effréné où l’action défile à toute allure (ce qui d’autant plus vrai pour le tome 2).

Aussi, j’ai aimé comment l’autrice s’est subtilement pliée à l’exercice de style consistant à appliquer à chacun des tomes une codification de genre. Ainsi, le tome 1 utilise tous les codes de genre de la Fantasy et du Fantastique, le tome 2, ceux du Policier et enfin le tome 3, La Mémoire de Babel celui de la Science-Fiction avec la dystopie. Du coup j’ai absolument hâte de découvrir le quatrième tome pour voir où elle va nous emmener.

2070661989
Le Tome 2 : Les Disparus du Clairedelune
La-memoire-de-Babel
Le Tome 3 : La Mémoire de Babel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour en revenir à l’héroïne, Ophélie, je l’ai tout de suite appréciée car je me suis beaucoup reconnue en elle. C’est une jeune fille un peu beaucoup maladroite qui rêve d’aventure mais se conforte dans son quotidien un peu morne, mais rassurant, de directrice d’un petit musée. Ophélie vit sur l’arche d’Anima gouverné par l’esprit de famille Artémis qui a transmis à ses descendants le pouvoir d’animer les objets, pouvoir dont Ophélie a également hérité et avec sa grande maladresse, vous l’aurez deviné, cela donne lieu à des scènes bien cocasses !

Mais ce don d’animation n’est pas son seul pouvoir, non, l’héroïne est aussi une « liseuse » : en touchant les objets, elle peut retracer leurs histoires en ressentant les sentiments et le passé de leurs différents propriétaires. Enfin, Ophélie est surtout et avant tout une « Passe-Miroir », cela signifie qu’elle peut voyager à travers les miroirs en s’en servant comme de portails reliant un point à un autre. Ce pouvoir, qui donne son nom à la saga reflète une importance toute particulière dans le récit car même si c’est surtout son don de liseuse qui est mis en avant dans l’intrigue du premier tome, c’est ce pouvoir de traverser les miroirs qui lui permettra d’en apprendre plus sur elle-même.

Ce que j’ai le plus aimé dans ce personnage c’est le fait que sous des airs ordinaires (Ophélie n’est ni une superbe femme ni un laideron, elle n’est pas très grande et plutôt discrète) se cache une héroïne forte qui va évoluer et se révéler. Ce n’est pas une jeune fille qui souhaiterait être plus que ce qu’elle est, elle compose avec ses complexes et essaie de s’en sortir dans ce nouveau monde impitoyable dans lequel elle est jetée. On la verra se faire manipuler, être déçue, se tromper et se relever. On évolue à ses côtés ; l’immersion et l’identification étant (du moins pour ma part) totales.

Mais n’allez pas croire qu’avec tout ça, les autres personnages de La Passe-Miroir sont insipides à coté d’Ophélie ! Le mystérieux fiancé Thorn, du clan des Dragons est un personnage hautement charismatique qui vous fera passer par tous les états sentimentaux de lecteur.rice possibles (en passant du « quel c***** », au « ah mais en fait il est plutôt sympa », mais aussi « ah non non c’est vraiment un c****** », etc.). Sa tante Bérénilde est aussi un élément principal et ambigu de ce premier tome qui en fera voir des vertes et des pas mûres à notre héroïne. Ausi, la population de la Citacielle avec ses nobles et ses courtisanes gravitant autour de Farouk, l’esprit de famille du Pôle, et recherchant constamment ses faveurs. semble une belle métaphore critique de la cour du roi Louis XIV.

Bien sûr, je pourrais continuer à vous écrire des pavés et des pavés sur ces livres mais je pense encore que le mieux, si ce n’est déjà fait, est de découvrir par vous-même le phénomène de La Passe-Miroir. N’hésitez pas à venir en discuter avec moi, cela me ferait très plaisir.

Sur ce je retourne à mes lectures et vous en souhaite d’excellentes !

 

Un mot sur l’autrice :  les trois premiers tomes de La Passe-Miroir sont les premiers ouvrages de Christelle Dabos. Si elle écrit depuis les bancs de la fac, c’est la communauté d’auteurs sur Internet baptisée « La Plume d’argent » et à laquelle elle participe qui la pousse à participer au grand prix RTL que lance la maison d’édition Gallimard pour les 40 ans de sa collection Jeunesse, qu’elle remporte donc en 2013. Depuis, elle a été lauréate du Prix littéraire des collégiens de l’Hérault pour le niveau 4e3(2014), du Prix Elbakin (Catégorie jeunesse) ainsi que du Grand prix de l’imaginaire – Romans jeunesse (2016). Le titre de sa saga lui a été inspirée par Le Passe-Muraille de Marcel Aymé.

Pour en savoir plus sur la saga et son univers c’est par ICI (le site officiel)

Et pour le plaisir :  le Tumblr des fans dont je vous glisse un petit aperçu :

(attention toutefois certains dessins peuvent spoiler des éléments d’intrigue des tomes suivants !)

misshollyslair: “ “- And when were you going to tell me about this ? - In due time, he grumbled.” Fanart of La Passe-Miroir, a French book series :) ”
Une interprétation des personnages de Thorn et Ophélie

 

 

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s