The Marvels de Brian Selznick

20180116_184241Premier de ma sélection à relever le défi du Cold Winter Challenge, The Marvels a placé la barre très, très haut…

Résumé

Tout commence par un voyage en mer en 1766 sur le Kraken où se joue une pièce de théâtre… Entrez dans cette histoire en images et suivez une grande famille de comédiens, les Marvels, de génération en génération, jusqu’en 1900.
Puis, découvrez, un siècle plus tard, l’histoire de Joseph, échappé d’un austère pensionnat. Le garçon vient chercher refuge à Londres chez son oncle Albert Nightingale. Ce dernier vit dans une étrange maison comme sortie d’un autre monde… Qui vit entre les murs ? Qui sont ces Marvels dont les portraits fleurissent partout ? Joseph décide de percer le mystère des lieux…

A l’instar de son roman graphique précédent, Le Musée des Merveilles (récemment porté à l’écran par le talentueux Todd Haynes), The Marvels épouse le format triptyque d’une première partie dessinée sans dialogues puis d’un récit narré et enfin une troisième qui revient au dessin et achève l’histoire principale. Si ce format est quelque peu désappointant en début de lecture, on se retrouve très vite happé par le coup de crayon de Selznick qui nous croque dans un style en noir et blanc précis une belle richesse émotionnelle. Ce choix du noir et blanc qui renforce la force évocatrice de la narration est aussi un moyen formidable de renforcer le pouvoir imaginatif du lecteur. De plus, Brian Selznick utilise un procédé appelé « cross hatching » qui est un système de traits parallèles s’entrecroisant créant une profondeur au dessin tout en attestant de sa manufacture artisanale, en somme : son authenticité. Ce procédé est tout à fait cohérent avec le propos de l’auteur qui nous parle de sujets délicats et sensibles sans jamais verser dans le pathos.

 

Le Musée des merveilles : Affiche
L’adaptation de Todd Haynes

Si le dessin suffit à la compréhension du récit, l’artiste ne démérite pas pour autant lorsqu’il passe à l’écrit. Dans un style proche du conte de noël ou du conte fantastique – à bien des égards je me suis plu à penser à la plume de Neil Gaiman pendant ma lecture – l’auteur Selznick est tout aussi talentueux que le dessinateur Selznick.

La première partie du récit retrace l’histoire d’une famille du milieu du XVIIIé, depuis le naufrage , d’un jeune homme et de son petit frère, premier d’une grande lignée de comédiens de théâtre jusqu’à l’interruption brutale du dessin pour passer à la narration écrite pour suivre Joseph, dans les années 1990. jeune garçon ayant fui son internat pour aller retrouver un oncle inconnu à Londres. Comment ces deux récits sont-ils liés ? C’est que l’on découvre en essayant de démêler avec Joseph le mystère qui se cache dans la maison de son oncle Albert.

Dans ce livre, on retrouve l’amour de Selznick pour le cinéma (qu’il convoquait déjà pour L’Invention de Hugo Cabret et auquel il emprunte certains procédés comme le gros plan, l’ellipse, etc.) ainsi que sa fascination pour l’envers du décor (ici le théâtre).

Le sens de l’intrigue est très bien tenu, l’ambiance mystérieuse de la bâtisse, de la ville de Londres et de ses brumes ainsi que le comportement énigmatique du personnage de l’oncle nous pousse à en savoir plus, piquant notre curiosité au vif. Selznick qui campe l’une de ses deux intrigues à Noël, taille également une part belle à la magie et au rêve. Un certain onirisme flotte sur le récit et le dessin et entretient ce climat de voyage et de magie.

Mais au-delà du mystère, de l’ambiance, du dessin et du récit, le message que délivre Brian Selznick est ce qui ressort le plus de cette lecture. Trouver sa place dans ce monde est le but ultime des différents personnages de ce double récit. Le fait que l’on ne choisisse pas toujours la voie que l’on a tracée pour nous, s’accepter soi-même pour mieux se construire et appréhender les autres mais aussi croire au merveilleux comme besoin et comme échappatoire : voilà comment je résumerai le message de The Marvels. A cela on peut ajouter les thématiques de la mort, de l’homosexualité, de l’autorité parentale absente ou abusive, thématiques délicates et rarement abordées dans la littérature young adult.

J’ai été touchée par ces fragments de vies racontés avec pudeur et sagacité. Le tout se déroulant pendant les fêtes de Noël nous rappelle aussi en quoi cette fête peut être magique : le partage, la bienveillance et la tolérance. De plus, la post-face nous en apprend un peu plus sur l’origine de cette histoire ce qui lui donne, après lecture, une saveur toute particulière encore.

Si je devais lui trouver un seul défaut, je dirai la durée. Oui j’aurai aimé que l’histoire dure un peu plus longtemps et que l’on suive encore quelques temps ces personnages attachants. Mais en même temps, je pense que la façon dont Selznick achève son récit est aussi porteuse d’espoir et nous laisse imaginer les vies futures des personnages. En tout cas j’ai très envie de découvrir des deux ouvrages précédents : L’Invention de Hugo Cabret (2008) et Le Musée des Merveilles (2014).

 

Cette première lecture pour le Cold Winter Challenge m’a fait du bien et a placé ce challenge sous de bons auspices. Ce que je confirme en ayant poursuivi mes lectures avec le préquel de la saga A la croisée des mondes de Philip Pullman, Il était une fois dans le nord contant la première rencontre de Lee Scoresby et Iorek Byrnison (quel bonheur de retrouver cet univers chéri !) et le tome 1 de La Passe-Miroir, Les Fiancés de l’hiver de Christelle Dabos qui se retrouve propulsé dans le top 5 de mes meilleures lectures de 2017 (eh oui rien que ça !).

Je vous prépare d’ailleurs quelques (gros) articles sur les 2 sagas et (peut-être ?) aussi un article sur mon top 5 de 2017 !

 

Sinon pour plus d’infos sur Brian Selznick je vous glisse un lien vers une belle interview réalisée par Babelio ici

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