Daywatch : Les Sentinelles du Jour de Sergueï Loukianenko et Vladimir Vassiliev

Quatrième lecture pour le Pumpkin Autumn Challenge et je pense dernière aussi (j’avais vu trop gros pour la pile par rapport à mon emploi du temps) : Daywatch, Les Sentinelles du jour de Sergueï Loukianenko et Vladimir Vassiliev. Choisie dans le menu L’Automne frissonnant et la sous-catégorie « La Crypte des morts-vivants », cette lecture a rempli sa tâche de clôturer ce challenge avec brio ! Je ferai probablement un article pour résumer mes lectures pour ce challenge (car sur les 8 lectures prévues j’ai tout de même réussi à en effectuer 6 !).

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Mais revenons-en à nos moutons ! Daywatch est le second volet de la pentalogie fantastique initiée par l’auteur russe Sergueï Loukianenko et co-écrit avec Vladimir Vassiliev (Premier volet NightWatch, les Sentinelles de la nuit, aux éditions Albin Michel, résumé Babelio ici). Dans ce premier tome de fantasy urbaine, on suivait le personnage principal, Anton, un « Autre Clair » évoluant dans la capitale moscovite vers la fin des années 90 et membre du Contrôle de la Nuit, surveillant l’activité des « Sombres ». Le monde est en effet régi par deux Forces complémentaires mais contradictoires : le Bien (représenté par les Autres Clairs) et le Mal (servi par les Autres Sombres). Mais tout n’est pas aussi manichéen qu’il n’apparaît au premier abord… Et sans vous spoiler ce qui se passe dans le premier tome, je peux vous dire qu’Anton sera confronté à des choix cornéliens entre son libre arbitre et ses convictions (qui ne sont pas toujours en accord avec la cause du Bien qu’il doit servir).

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Le tome 1 aux éditions Albin Michel

Si ce premier tome suivait le point de vue des Clairs, Daywatch établit son intrigue dans le camp des Sombres et plus particulièrement celui du Contrôle du jour. On reprend donc l’histoire peu de temps après la fin de Nightwatch mais du point de vue d’Alissa Donnikova, sorcière et maîtresse de Zébulon (chef de la Force Obscure), personnage qui avait causé tant de grabuge au premier tome. On suit également le personnage de Vitali Rogoza, Sombre amnésique qui a le chic pour se fourrer dans les mauvaises affaires et enfin la dernière histoire réunit différents protagonistes Clairs et Sombres. Le second volet réutilise donc le même schéma narratif des trois histoires se réunissant à la fin pour résoudre le mystère principal latent.

Résumé

Quand l’ombre s’étend sur la ville, les chasseurs de la nuit passent à l’action. Depuis des siècles, ils combattent la puissance des Mages blancs. Parce qu’ils savent que l’équilibre doit être maintenu. Parce qu’ils savent que, sur Terre, l’Obscurité est aussi importante que la Lumière …
Avec ce deuxième volet de NightWatch, la série culte russe des Sentinelles, vous allez enfin comprendre pourquoi le combat entre le Bien et le Mal est si complexe. DayWatch : un monde hanté qui s’enracine à jamais au plus profond de votre imaginaire.

J’ai adoré ce second tome tout autant que le premier et je n’ai pas été dérangée par cette écriture à quatre mains, le style des deux auteurs ne détonnant pas l’un par rapport à l’autre et s’entremêlant harmonieusement. Cette ambiance de Russie enneigée, peuplée de vampires, de mages blancs, de métamorphes et de loup-garous, ainsi que son côté underground un peu sale, si loin des clichés soviétiques endurcis dans notre imaginaire, m’a une nouvelle fois enchantée et transportée. Ce cocktail de polar, science-fiction, fantastique et fantasy invoque un univers dans lequel on rentre très facilement et rapidement addictif. Certaines presses comme le Daily Telegraph sont même allées jusqu’à qualifier Loukianenko de « J.K.Rowling à la mode russe » ! Bien que je ne mettrai pas ces ouvrages entre les mains d’un public YA au vu de la crudité de certains scènes (je pense notamment à la scène où Alissa punit ses agresseurs d’une manière, certes jouissive, mais terrible).

La thématique du bien et du mal s’affrontant de façon souterraine n’est pas sans rappeler le contexte de Guerre froide, encore bien présent à l’esprit des deux auteurs en cette fin de premier millénaire. Les deux camps des Clairs et des Obscurs pouvant évoquer à bien des égards les Russes et les Américains. Mais cette analogie subtile établie par les écrivains essaie de dépasser ce conflit historique, chacun des camps endossant sa part de torts et de manigances, apportant ainsi un éclairage plus réflexif sur cette période historique. Car après tout, le combat philosophique de l’homme ne réside-t-il pas dans le savant mélange de la liberté individuelle et des intérêts personnels (prônés par les Sombres) et de l’altruisme et du devoir (étendards des Clairs) ?

Comme chez certains auteurs russes de fantastique, notamment Viktor Pelevine (que j’affectionne particulièrement et que les auteurs citent à plusieurs reprises dans leur livre), on retrouve cette désillusion du peuple russe quant à leur avenir et à leur place dans l’univers, désenchantement qu’il noie bien souvent sous des litres de vodka (ce qui donne d’ailleurs des scènes assez drôles où les protagonistes alcoolisés dessoûlent grâce des sorts magiques). Daywatch est également une belle illustration de cette fameuse « âme russe », de ses réflexions et de ses tourments, le tout enrobé d’un nappage fantastique très réussi.

« Les pavés de la Place Rouge qui se souvenaient du sang des exécutions, du pas lent des tsars et des bottes révolutionnaires, des chenilles des blindés soviétiques et des défilés du premier mai semblaient incarner le pouvoir inébranlable de Moscou. Cette ville survivrait à tout, et rien, ni les conflits humains ni les querelles incessantes des Contrôles, n’était capable d’ébranler sa sereine grandeur. »

Vitali Rogoza dans l’Histoire numéro deux : Etranger aux autres.

J’ai donc hâte de retrouver cet univers avec le tome 3 de la saga : TwilightWatch, les Sentinelles du Crépuscule !

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Tome 3 de la saga Nightwatch

Pour info : les deux premiers tomes ont été portés à l’écran par le réalisateur Timur Bekmambetov (Wanted) avec un scénario relativement différent de l’histoire de Loukianenko mais gardant l’idée principale de lutte entre le Bien et le Mal. Si je préfère les livres, j’ai toutefois passé un bon moment auprès de ces films et vous les recommande, ne serait-ce que pour démontrer que le cinéma d’action russe n’a rien à envier à Hollywood !

Je vous glisse ici les bandes annonces badass de Nightwatch et Daywatch.

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Anton Gorodetsky, interprété par Konstantin Khabensky, dans la version de Timur Bekmambetov

 

 

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