Les Quatre filles du Docteur March de Louisa May Alcott

Troisième lecture du Pumpkin Autumn Challenge achevée : Les Quatre filles du Docteur March de Louisa May Alcott. Sélectionné dans la catégorie L’Automne Douceur de vivre et le sous-menu « Fall in love« , ce roman américain du XIXé siècle a amplement rempli sa mission de m’apporter de la douceur en ces premiers jours de novembre bien rafraîchis (et c’est peu dire !).

 

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RésuméUne année, avec ses joies et ses peines, de la vie de Meg, Jo, Beth et Amy March, quatre sœurs âgées de onze à seize ans. Leur père absent – la guerre de Sécession fait rage et il est aumônier dans l’armée nordiste -, elles aident leur mère à assumer les tâches quotidiennes. Ce qu’elles font avec leur caractère bien différent : Meg, la romantique, qui va éprouver les émois d’un premier amour; Jo, qui ne se départit jamais d’un humour à toute épreuve; la généreuse Beth; la blonde Amy, enfin, qui se laisse aller parfois à une certaine vanité…

Les Quatre filles du Docteur March est publié pour la première fois en 1868 aux Etats-Unis et représente en réalité le premier volet de la saga des filles March qui compte en tout quatre volumes : Le Docteur March marie ses filles (que l’on trouve aujourd’hui sous le titre Les Quatre filles March se marient), Le Rêve de Jo March et Jo et sa tribu (La Grande famille de Jo March). Cette saga teintée de féminisme est l’oeuvre de la romancière Louisa May Alcott. Fille d’un père philosophe transcendantaliste, la jeune Louisa se passionne pour l’écriture dès son plus jeune âge et rédige très tôt de petits contes. Les revenus modestes de la famille Alcott la conduiront à occuper différents métiers dont gouvernante, couturière, domestique, professeur et infirmière de guerre avant de pouvoir se consacrer à celui d’autrice.  Si on la connaît essentiellement pour la saga des filles March, elle a aussi à son actif quelques romans gothiques (publiés sous le pseudonyme de A.M.Barnard), sa correspondance ainsi que ses journaux intimes sont également disponibles.

 

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Portrait de Louisa May Alcott

 

Le livre a bénéficié de nombreuses adaptations (film muet en 1918 , film en noir et blanc en 1933, film en couleur en 1949) dont la version de 1994, très appréciée et réalisée par la cinéaste australienne Gillian Armstrong. C’est d’ailleurs par ce film que j’ai découvert pour la première fois les aventures des filles March. Et ce film, qui réunit à l’écran les deux premiers tomes de la saga et un casting de folie (Winona Ryder jouant Jo, Clare Danes pour Beth, Susan Sarandon interprétant Mary March ou encore Kirsten Dunst dans le rôle de la jeune Amy)) tient une grande place dans mon cœur de spectatrice.

 

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La version réalisée par Gillian Armstrong avec Susan Sarandon, Kirsten Dunst, Trini Alvarado, Winona Ryder et Clare Danes

 

Les Quatre filles du Docteur March (Little Women) est très fortement inspiré du vécu de la romancière et  le personnage de Jo, personnage emblématique autour duquel s’articule les aventures des filles March (et souvent personnage préféré des lecteur.trice.s), est tout à fait représentatif de l’écrivaine : les deux femmes au fort caractère sont issues d’un milieu modeste WASP (White Anglo-Saxon Protestant), aspirent à l’écriture et chérissent leur indépendance. Autour de Jo, gravitent ses trois autres sœurs qui ne sont pas en reste niveau caractère ! Sans oublier la mère, Mary March, véritable guide spirituel des filles. Vous l’aurez compris, ce roman taille la part belle aux personnages féminins hauts en couleur, les personnages masculins étant pour leur part plus effacés.

A travers les filles March, Louisa May Alcott distillent un féminisme plutôt avant-gardiste pour l’époque (rappelons tout de même que dans les années 1860, les femmes n’avaient pas le droit de vote, n’accédaient qu’à des métiers ingrats et étaient souvent cantonnées à la maison, leur vraie place bien sûr…), ce roman répondant à la demande d’un public de lectrices pour des personnages féminins forts et non-stéréotypés, auxquels pourraient s’identifiaient les jeunes filles. Cependant, la morale et la pensée religieuse de mise à l’époque (leur mère offre notamment à ses filles Le Voyage du Pélerin, texte religieux didactique, pour les inspirer au quotidien),  restent bien présentes, rendant la lecture parfois un peu « dégoulinante » de bonnes intentions.

Mais le récit n’est pour autant pas dénué d’humour comme lors de l’épisode des périodes estivales où les jeunes filles, dénuées d’activité, essaient de se prendre en main :  Jo apprend alors à cuisiner pour distraire son oisiveté (ce qui donnera un repas des plus cocasses) tandis que Meg, éprise d’une frénésie de couture finit par saccager toutes ses belles robes ! Ou encore lorsque la courageuse Jo vend ses cheveux pour payer à sa mère le ticket de train pour aller voir leur père malade et que Meg la découvre, plus tard dans la nuit, pleurant de vanité sur ses beaux cheveux perdus.

On trouve également des scènes inspirantes comme la rédaction des articles pour leur journal auto-édité du Pickwick Club (inspiré des récits de Charles Dickens), le jeu des écrivains (les filles et leurs amis se prêtant à l’exercice du cadavre exquis littéraire constituant un récit où chacun apporte sa contribution) ainsi que de très belles scènes comme l’émotion de Beth bravant son extrême timidité pour remercier le vieux monsieur Laurence pour le don de son piano ou encore Jo se confiant à sa mère, dont elle a hérité le mauvais caractère, sur sa difficulté à se contenir pour ne pas blesser ses proches…

En romancière talentueuse, Louisa May Alcott donne à voir une palette d’héroïnes toutes plus nuancées les uns que les autres sans que jamais la caricature ne vienne entacher son propos. A chacune, elle impose des difficultés qui mettent à l’épreuve un trait dominant de leur personnalité (l’égoïsme d’Amy, la vanité de Meg, la timidité de Beth, la colère de Jo) pour illustrer des valeurs telles que le dépassement et l’affirmation de soi, le courage et l’abnégation. Et tout ça dans le contexte littéraire du milieu XIXé, c’est déjà pas mal je trouve !

Bien que je préfère toujours la version filmique qui permet de suivre les filles March sur plusieurs années et de voir évoluer plus en profondeur leur caractère, je suis très contente d’avoir lu la version originale qui témoigne de la belle plume de Louisa May Alcott.

 

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L’impétueuse et curieuse Jo, interprétée par Winona Ryder
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