La Maison dans laquelle de Mariam Petrosyan

MaisonDansLaquelleDosPour inaugurer ce blog tout neuf, je me suis dit qu’il n’y avait pas meilleure chronique pour commencer que celle de La Maison dans laquelle.

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Roman fantastique écrit par l’arménienne Mariam Petrosyan et publié aux (magnifiques) éditions Monsieur Toussaint Louverture, La Maison dans laquelle est un véritable OLNI (comprendre Objet Littéraire Non Identifié).

Ce livre-mondes est tout d’abord un objet unique avec sa merveilleuse couverture qui contient « toutes les couleurs possibles et imaginables (même si elles demeurent invisibles à l’œil nu) » – notes de l’éditeur – a de quoi ravir les fétichistes littéraires et les amoureux des beaux objets.

Et le contenu est tout à fait à la hauteur du contenant…

Mariam Petrosyan ébauche la première esquisse de ce roman à l’âge de dix-huit ans et mettra dix années à l’écrire. Cette expérience se révèlera si intense qu’elle déclare ne pas avoir écrit ce livre mais y a voir vécu et s’y être réfugiée soir après soir… il n’est donc pas étonnant qu’elle avoue également ressentir un grand vide depuis sa parution. Et ce vide j’ai pu le ressentir en refermant les pages de ce livre pour la dernière fois.

Je ne vous ferai pas de résumé détaillé de l’intrigue car je vous souhaite de découvrir ce livre dans des conditions similaires aux miennes : en partant à l’aventure, sans être sûre d’être bien équipée… Mais (pour les moins aventuriers d’entre vous ou les plus curieux) vous pouvez trouver le résumé de l’éditeur ici.

Sachez juste que le titre originel de ce livre Дом, в котором (La Maison dans laquelle)  a été traduit en anglais par The Gray House (La Maison grise) et en espagnol par La Casa del tempo sospeso (La Maison du temps suspendu), et que l’intrigue se déroule donc dans une maison pour le moins étrange où l’on suit plusieurs personnages sur différentes temporalités.

Peut-être certains d’entre vous qui tenteront l’expérience seront-ils déroutés par les premières pages, ne comprenant pas tout à fait dans quoi ils ont mis le pied… Mais rassurez-vous, cela est normal. On rentre dans cette Maison un peu par hasard ou par erreur, sans savoir dans quoi l’on s’embarque et je pense que c’est exactement l’effet recherché par l’autrice. Ouvrir ces pages, c’est pénétrer dans un endroit inconnu dont les codes nous échappent et dont l’architecture nous perd. En somme, c’est se jeter à corps perdu dans un grand mystère littéraire.

Des questions, vous vous en poserez beaucoup pendant cette lecture, ce qui la rend totalement envoûtante et vous empêchera – du moins je le souhaite – de détacher vos yeux de ses lignes, tant vous serez happé par cet univers vaste et labyrinthique.

Pour ma part, je n’ai pas vu passer les 960 pages. Et plus j’arrivais vers la fin et plus je ralentissais le rythme car je ne voulais pas quitter cette Maison et ces personnages aux côtés desquels j’avais frissonné, ri, douté, rêvé et encore tout un panel d’émotions. J’ai trouvé entre ces pages une mythologie, un folklore que seuls les enfants et adolescents, en recherche et en construction permanentes de repères, peuvent édifier. Et c’est pour cela qu’il fait tant mal de refermer ce livre : c’est comme perdre de vue des amis d’enfance, une douce mais inéluctable douleur.

Des bribes de La Chasse au Snark de Lewis Carroll, des échos de chansons de Bob Dylan et de Led Zeppelin, des personnages empruntant leurs noms à ceux du Livre de la Jungle de Rudyard Kipling, des références à des contes populaires…

Tous ces symboles résonnent et remplissent les couloirs de la Maison, tissant une toile riche de sens, disséminant des indices pour mieux nous aider à décoder ce véritable cosmos littéraire.

Et bien sûr il y a encore plein d’autres signes à déceler et décrypter sur les murs défraîchis, au pied du chêne de la cour, derrière les portes, au fond d’une tasse de café… L’univers qu’a élaboré Mariam Petrosyan est si vaste que plusieurs lectures peineraient à débusquer tous les sens cachés de son écriture.

L’ambiance qu’elle a distillé entre ces pages m’a rappelé celle des films de Guillermo del Toro (Le Labyrinthe de Pan, L’Échine du diable) mais également celle d’Une Vie volée (adaptation de Girl, Interrupted de Susanna Kaysen par James Mangold) : la dimension fantastique et l’imagination des enfants pour les premiers ; les secrets pesants et la vie en communauté forcée pour le second.

Pour tous ceux ayant aimé ces films, je ne peux que les encourager à se plonger dans cette lecture. ATTENTION, je ne parle pas d’histoires similaires mais bien d’ambiance, je ne veux pas me faire enguirlander pour publicité mensongère !

Et en matière de lointaines comparaisons, je m’arrêterai d’ailleurs ici car RIEN ne ressemble à La Maison dans laquelle. C’est une expérience de lecture unique et exceptionnelle, un talisman pour se protéger de la solitude, un gris-gris que l’on étreint lorsqu’on a peur, une déclaration d’amour à l’imagination, ce merveilleux rempart contre la réalité, étendard de liberté .

Personnellement, je place ce roman dans la liste de mes lectures préférées et j’espère vous avoir donné envie de le découvrir.

N’hésitez pas à partager vos questions, vos ressentis sur cette lecture !

Et pour les plus curieux d’entre vous : un petit documentaire sur la publication du livre.

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2 commentaires

    • C’est vrai que c’est un pavé et je peux parfaitement comprendre qu’il intimide… j’avoue n’avoir quasiment rien fait d’autre pendant sa lecture mais j’ai aimé cette sensation de me faire complètement happée par ce livre, comme si j’avais vécu aux côtés de ces personnages dans la maison. Et maintenant je ressens une espèce de vide sans eux, je suis sûre de le relire pour voir ce que je n’ai pas aperçu à la première lecture et surtout pour retrouver cette Maison et son ambiance si particulière. Tiens-moi au courant si tu l’entames, ça me ferait extrêmement plaisir !

      Aimé par 1 personne

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